Guerre en Iran : le Japon se prépare à puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole
Face aux tensions croissantes au Moyen-Orient, le Japon a annoncé qu’il commencerait à libérer une partie de ses réserves stratégiques de pétrole afin de limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie.
La Première ministre Sanae Takaichi a indiqué que cette mesure entrerait en vigueur dès lundi. Cette décision intervient dans un contexte de perturbations majeures des routes d’approvisionnement énergétique liées au conflit en Iran.
Selon le gouvernement japonais, la situation dans le Détroit d'Ormuz complique fortement la circulation des pétroliers. Or, cette voie maritime constitue l’un des principaux passages du pétrole exporté depuis le Moyen-Orient vers l’Asie.
« Les pétroliers étant pratiquement dans l’impossibilité de passer par le détroit d’Ormuz, les importations de pétrole dans notre pays devraient diminuer considérablement à partir de la fin du mois », a déclaré la cheffe du gouvernement.
Une mesure exceptionnelle
Pour faire face à cette situation, l’exécutif japonais prévoit de mobiliser une partie de ses stocks stratégiques.
Le plan annoncé prévoit notamment :
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la libération de l’équivalent de quinze jours de réserves pétrolières privées ;
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l’utilisation d’environ un mois de réserves publiques ;
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le recours éventuel aux stocks communs détenus avec certains pays producteurs.
Il s’agirait d’une décision inhabituelle pour Tokyo. Jusqu’à présent, le Japon avait généralement attendu des initiatives coordonnées au niveau international avant de mobiliser ses réserves stratégiques.
Dans ce cas précis, le gouvernement a choisi d’agir de manière anticipée afin de limiter les tensions sur le marché intérieur.
Stabiliser le prix de l’essence
La Première ministre a également demandé au ministre de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie Ryosei Akazawa de mettre en place des mesures d’urgence.
L’objectif affiché est de maintenir le prix moyen de l’essence autour de 170 yens le litre, soit environ 0,92 euro, afin d’éviter une hausse trop brutale pour les ménages et les entreprises.
Une dépendance énergétique structurelle
Cette situation rappelle la forte dépendance énergétique du Japon. Le pays importe l’essentiel de ses ressources pétrolières, dont une très grande partie provient du Moyen-Orient.
Selon les données officielles, plus de 80 % du pétrole consommé au Japon provient de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, et près de 95 % des importations pétrolières japonaises transitent par la région du Moyen-Orient.
Dans ce contexte, toute perturbation dans les routes maritimes ou les zones de production peut avoir des conséquences immédiates sur l’économie japonaise.
La décision de mobiliser les réserves stratégiques apparaît ainsi comme une mesure de précaution destinée à amortir les effets d’une crise énergétique qui pourrait durer.