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Immigration Publié le 31 août 2026

Plus de 4 millions d’étrangers vivent désormais au Japon : un seuil historique

Le Japon comptait 4 125 395 résidents étrangers à la fin de l’année 2025, soit une hausse de 9,5 % en un an. Pour la première fois, leur nombre dépasse les quatre millions, confirmant une transformation progressive de la société japonaise dans un contexte de vieillissement démographique et de pénuries de main-d’œuvre.

Plus de 4 millions d’étrangers vivent désormais au Japon : un seuil historique
SOCIÉTÉ · DÉMOGRAPHIE

Pour la première fois de son histoire, le Japon compte plus de quatre millions de résidents étrangers. Selon les données publiées le 27 mars 2026 par l’Agence japonaise des services d’immigration, 4 125 395 ressortissants étrangers résidaient dans l’archipel à la fin de l’année 2025.

À RETENIR

Le nombre de résidents étrangers a augmenté de 356 418 personnes en un an, soit une progression de 9,5 %. Ce nouveau record intervient alors que le Japon connaît simultanément une diminution de sa population nationale et un besoin croissant de main-d’œuvre étrangère.

Le seuil des quatre millions franchi pour la première fois

À la fin de l’année 2024, le Japon comptait 3 768 977 résidents étrangers. Un an plus tard, leur nombre atteint 4 125 395 personnes, soit une progression de 9,5 %.

Il s’agit d’un nouveau record et, surtout, du premier franchissement du seuil symbolique des quatre millions de résidents étrangers dans l’archipel.

La progression apparaît encore plus nettement sur une période longue. En 2015, le Japon comptait 2 232 189 résidents étrangers. En dix ans, leur nombre a donc augmenté de près de 1,9 million de personnes.

CHIFFRE CLÉ

4 125 395

C’est le nombre de résidents étrangers enregistrés au Japon à la fin de l’année 2025, un niveau jamais atteint auparavant.

Chinois et Vietnamiens constituent les deux principales communautés

La population étrangère présente au Japon est caractérisée par une importante diversité de nationalités, mais plusieurs communautés représentent une part particulièrement importante de l’ensemble.

Les ressortissants chinois restent de loin les plus nombreux, avec 930 428 résidents à la fin de l’année 2025. Ils représentent environ 22,6 % de la population étrangère enregistrée dans le pays.

Ils sont suivis par les ressortissants vietnamiens, au nombre de 681 100, puis par les Sud-Coréens avec 407 341 personnes et les Philippins avec 356 579 résidents.

Les évolutions les plus rapides concernent toutefois d’autres nationalités. Le nombre de ressortissants népalais a progressé de 29,2 % en un an pour atteindre 300 992 personnes, tandis que la population indonésienne a augmenté de 33,2 %, à 266 069 résidents.

La communauté birmane connaît elle aussi une progression particulièrement rapide : 182 567 ressortissants du Myanmar résidaient au Japon fin 2025, soit une hausse de plus de 35 % en un an.

Près d’un million de résidents permanents

La population étrangère du Japon ne se compose pas uniquement de personnes venues temporairement travailler ou étudier dans l’archipel.

À la fin de l’année 2025, 947 125 personnes disposaient du statut de résident permanent. Il s’agit de la première catégorie de résidence parmi les étrangers enregistrés dans le pays.

Viennent ensuite les titulaires du statut « ingénieur, spécialiste en sciences humaines et services internationaux », qui étaient 475 790, puis les étudiants étrangers, au nombre de 464 784.

Le Japon comptait également 456 618 personnes relevant du programme de stage technique et 390 296 titulaires du statut de « travailleur qualifié spécifique ».

Cette dernière catégorie est particulièrement révélatrice des transformations du marché du travail japonais. Le nombre de titulaires du statut de travailleur qualifié spécifique a augmenté de plus de 105 000 personnes en une seule année.

Tokyo concentre près d’un résident étranger sur cinq

La répartition géographique de cette population reste très inégale.

Tokyo comptait à elle seule 801 438 résidents étrangers à la fin de l’année 2025. La capitale rassemble ainsi environ 19,4 % de l’ensemble de la population étrangère du Japon.

Osaka arrive en deuxième position avec 375 319 résidents étrangers, devant Aichi avec 357 800 personnes et Kanagawa avec 317 353.

Ces chiffres reflètent en partie la concentration des emplois, des universités et des activités économiques dans les principales métropoles japonaises. Mais la présence étrangère progresse également dans de nombreuses régions confrontées à des pénuries de main-d’œuvre.

Une évolution directement liée aux besoins du marché du travail

Cette croissance s’inscrit dans un contexte démographique particulièrement contraignant pour le Japon.

Le vieillissement de la population et la diminution du nombre de personnes en âge de travailler entraînent des difficultés de recrutement dans de nombreux secteurs : construction, agriculture, restauration, hôtellerie, industrie, services aux personnes âgées ou encore transports.

Face à ces pénuries, les gouvernements japonais successifs ont progressivement élargi les dispositifs permettant à des ressortissants étrangers de travailler dans l’archipel.

La création du statut de « travailleur qualifié spécifique » en 2019 constitue l’une des manifestations les plus importantes de cette évolution. Son développement rapide montre combien le recours à la main-d’œuvre internationale est devenu un élément structurel de certains secteurs de l’économie japonaise.

Le Japon devient-il un pays d’immigration ?

Le franchissement du seuil des quatre millions pose inévitablement une question plus large : celle de la transformation progressive du modèle migratoire japonais.

Pendant plusieurs décennies, le Japon s’est montré réticent à présenter sa politique de recrutement de travailleurs étrangers comme une politique d’immigration à proprement parler. Les dispositifs mis en place étaient souvent conçus autour de statuts temporaires ou de catégories professionnelles précisément définies.

La croissance continue du nombre de résidents étrangers modifie cependant progressivement cette réalité. Une part croissante des personnes concernées vit au Japon sur une longue durée, y travaille, y étudie ou y fonde une famille.

La présence de près d’un million de résidents permanents illustre notamment le fait que la question ne concerne plus uniquement l’accueil temporaire de travailleurs, mais aussi l’intégration durable d’une population étrangère au sein de la société japonaise.

Entre besoin d’ouverture et volonté de contrôle

C’est précisément dans ce contexte que les débats autour de l’immigration ont pris une place croissante dans la vie politique japonaise.

Le pays a besoin d’un nombre croissant de travailleurs étrangers pour répondre à ses besoins économiques, mais cette évolution s’accompagne parallèlement d’une volonté gouvernementale de renforcer l’encadrement de leur installation.

En 2026, plusieurs réformes illustrent cette double orientation : développement de nouveaux dispositifs de recrutement, renforcement des politiques d’intégration, mais également durcissement annoncé de certaines conditions d’accès à la résidence permanente et forte augmentation des frais liés aux procédures de séjour.

Le franchissement des quatre millions de résidents étrangers constitue donc davantage qu’un simple record statistique. Il marque une étape supplémentaire dans une transformation profonde et désormais durable de la société japonaise.

Sources et références

Agence japonaise des services d’immigration · Ministère japonais de la Justice