Une croissance révisée à la hausse fin 2025
L’économie du Japon a enregistré une croissance légèrement supérieure aux estimations initiales au quatrième trimestre 2025.
Selon une analyse publiée par le Service Économique Régional Japon-Corée du Sud, le produit intérieur brut japonais a progressé de +0,3 % en glissement trimestriel, contre +0,1 % dans l’estimation initiale. En rythme annualisé, la croissance atteint +1,3 %, légèrement au-dessus des attentes du marché.
Cette révision s’explique principalement par la reprise de l’investissement des entreprises, en hausse de +1,3 % sur le trimestre, tandis que la consommation privée a progressé de +0,3 %.
La croissance du trimestre a ainsi été entièrement portée par la demande domestique, la contribution du commerce extérieur étant restée nulle.
Après la contraction observée au troisième trimestre 2025, ces données confirment un redressement modéré de l’activité économique.
Une amélioration temporaire du pouvoir d’achat
Les données économiques publiées début mars indiquent également une évolution positive du pouvoir d’achat.
Pour la première fois en treize mois, les salaires réels au Japon ont progressé en janvier 2026, avec une hausse de +1,4 % sur un an.
Cette amélioration s’explique par deux facteurs principaux :
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un ralentissement temporaire de l’inflation
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la poursuite des hausses salariales dans plusieurs secteurs
Les salaires nominaux ont progressé de +3 %, tandis que le salaire de base a enregistré sa plus forte hausse depuis plus de trente ans.
Toutefois, ces perspectives restent fragiles dans un contexte marqué par la hausse des prix de l’énergie.
Pour limiter l’impact sur les ménages, le gouvernement dirigé par la Première ministre Sanae Takaichi envisage plusieurs mesures de soutien, notamment des subventions sur les carburants financées par un fonds existant de 280 milliards de yens.
Des tensions commerciales avec les États-Unis
Les relations commerciales avec les États-Unis constituent un autre facteur d’incertitude.
Début mars, le ministre japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie Ryosei Akazawa a demandé à l’administration américaine de ne pas relever les droits de douane sur les importations japonaises.
Cette demande intervient avant la visite officielle de la Première ministre japonaise à la Maison-Blanche prévue le 19 mars.
Les autorités japonaises souhaitent préserver les conditions de l’accord commercial conclu en juillet 2025, qui prévoit notamment 550 milliards de dollars d’investissements japonais aux États-Unis d’ici 2029.
Cependant, le 11 mars, l’administration américaine a annoncé l’ouverture d’enquêtes commerciales au titre de la Section 301 du Trade Act de 1974 visant seize partenaires commerciaux, dont le Japon, la Corée du Sud, la Chine et l’Union européenne.
Dans le cas du Japon, ces investigations ciblent notamment :
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le secteur automobile
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les pièces automobiles
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les instruments de précision
Ces procédures pourraient déboucher sur de nouveaux droits de douane.
Des marchés financiers particulièrement volatils
Les marchés financiers japonais ont connu une semaine particulièrement agitée.
L’indice Nikkei 225 a enregistré une chute historique en début de semaine, tombant autour de 51 000 points, soit une baisse de plus de 7 % en séance.
L’indice TOPIX a également reculé à environ 3 500 points.
Après un rebond temporaire, les marchés ont de nouveau baissé dans un contexte de tensions géopolitiques et de forte hausse des prix du pétrole.
Le Brent est repassé au-dessus de 100 dollars par baril, notamment après des attaques contre des pétroliers dans les eaux irakiennes.
Sur le marché des changes, le yen japonais s’est également déprécié, atteignant 159,6 JPY pour un dollar, son niveau le plus faible depuis juillet 2024.
L’énergie au cœur des préoccupations économiques
Face à la hausse des prix de l’énergie liée aux tensions au Moyen-Orient, le gouvernement japonais a annoncé plusieurs mesures.
La Première ministre Sanae Takaichi a notamment décidé la libération progressive des stocks stratégiques de pétrole à partir du 16 mars.
Le Japon dispose actuellement d’environ 254 jours de réserves, dont une partie pourrait être mobilisée afin de stabiliser les prix.
Parallèlement, une subvention sur les carburants sera mise en place afin d’éviter que les prix à la pompe dépassent 170 yens par litre.
Cette intervention constitue l’une des mesures les plus importantes depuis la crise pétrolière de 1978.
Une stratégie industrielle tournée vers les semi-conducteurs
Le gouvernement japonais poursuit également une stratégie industrielle ambitieuse dans le secteur des technologies avancées.
Les autorités ont fixé un objectif de 40 000 milliards de yens de ventes de semi-conducteurs domestiques d’ici 2040.
Cette stratégie vise à tirer parti de l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données.
Le plan prévoit :
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le développement de pôles de recherche et développement
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le soutien aux infrastructures industrielles
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des réformes réglementaires pour faciliter l’implantation d’usines
Cette politique s’inscrit dans la continuité des investissements engagés depuis 2021 pour renforcer l’industrie des semi-conducteurs, notamment autour du projet Rapidus.
📊 Source :
Analyse publiée par le Service Économique Régional Japon-Corée du Sud.